Derrière quatre sigles — CMO, CLM, CLD, CITIS — se joue l’essentiel pour l’agent public malade : son traitement, son emploi, sa carrière. Les régimes s’enchaînent, se combinent parfois, et chaque bascule est une décision administrative… contestable. Panorama des règles, et des points où tout se décide.
Le congé de maladie ordinaire : un an, en deux temps
Le CMO peut durer jusqu’à un an sur une période de douze mois consécutifs : trois mois à plein traitement, puis neuf mois à demi-traitement — le calcul s’opérant en année « glissante », jour par jour. L’administration peut faire procéder à des contre-visites ; s’y soustraire expose à l’interruption du traitement. À l’issue d’un an, l’agent inapte à reprendre est placé, selon son état, en congé de longue maladie, en disponibilité d’office ou reclassé : c’est le premier grand carrefour du parcours.
CLM et CLD : quand la maladie s’installe
- Le congé de longue maladie (CLM) : jusqu’à trois ans — un an à plein traitement, deux ans à demi-traitement — pour les affections rendant nécessaires un traitement et des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée ;
- Le congé de longue durée (CLD) : jusqu’à cinq ans — trois ans à plein traitement, deux ans à demi-traitement — réservé à cinq groupes de pathologies (dont cancer, affections psychiatriques, tuberculose, déficit immunitaire grave) ;
- L’octroi, le renouvellement et la reprise passent par l’avis du conseil médical : ses avis se discutent — expertise, pièces, contre-expertise — car c’est là que se gagnent la plupart des dossiers.
Le CITIS : quand le service est en cause
Accident de service, accident de trajet, maladie professionnelle : le congé pour invalidité temporaire imputable au service garantit le plein traitement jusqu’à la reprise ou la retraite, ainsi que la prise en charge des frais médicaux. L’accident survenu sur le lieu et dans le temps du service bénéficie d’une présomption d’imputabilité ; pour les maladies, tout dépend des tableaux et du lien direct avec les fonctions — les pathologies psychiques liées au travail (épuisement, harcèlement) y trouvent de plus en plus leur place. Le refus d’imputabilité est l’un des contentieux les plus fréquents — et les plus gagnables — de la matière.
La fin de droits : le moment de tous les dangers
À l’épuisement des congés, plusieurs voies : reprise (le cas échéant en temps partiel thérapeutique), reclassement sur un autre emploi — que l’administration doit rechercher —, disponibilité d’office pour raison de santé, ou retraite pour invalidité. Chaque orientation repose sur des avis médicaux et des décisions notifiées : vérifiez systématiquement les délais de recours. Le demi-traitement maintenu dans l’attente d’une décision définitive ne peut, en principe, pas être réclamé en remboursement — un point que certaines administrations « oublient ».
Contester : une mécanique bien huilée
- Devant le conseil médical : produisez vos pièces, faites-vous représenter, sollicitez une expertise ;
- Contre les décisions (refus de CLM, de CITIS, placement en disponibilité) : recours gracieux et tribunal administratif dans les deux mois ;
- En cas d’urgence financière : le référé peut rétablir un traitement suspendu à tort ;
- Au fond : l’annulation reconstitue carrière et traitement — les rappels se chiffrent souvent en dizaines de milliers d’euros.
L'essentiel
Cet article en bref
- Le CMO couvre jusqu'à un an : trois mois à plein traitement, neuf mois à demi-traitement.
- Le CLM (trois ans) et le CLD (cinq ans) prennent le relais des affections graves, sur avis du conseil médical.
- Le CITIS garantit l'intégralité du traitement lorsque l'accident ou la maladie est imputable au service.
- La fin de droits est le moment critique : reprise, reclassement, disponibilité ou retraite pour invalidité se préparent en amont.
- Avis du conseil médical et décisions de l'administration se contestent — expertise, recours gracieux, tribunal administratif, référé.
Vos questions, nos réponses
Combien de temps un fonctionnaire est-il payé en congé maladie ?
En maladie ordinaire : trois mois à plein traitement puis neuf mois à demi-traitement sur douze mois glissants. En longue maladie : un an plein, deux ans demi. En longue durée : trois ans plein, deux ans demi. En CITIS : plein traitement jusqu’à la reprise.
Qu’est-ce que le CITIS et qui en bénéficie ?
Le congé pour invalidité temporaire imputable au service couvre l’accident de service, l’accident de trajet et la maladie professionnelle : plein traitement jusqu’à la reprise et prise en charge des frais. L’accident survenu au temps et au lieu du service est présumé imputable.
Comment contester un avis du conseil médical ou un refus de congé ?
L’avis se discute devant le conseil médical lui-même — pièces et expertises à l’appui ; la décision administrative qui s’ensuit se conteste par recours gracieux puis devant le tribunal administratif dans les deux mois, le référé permettant de parer aux urgences de traitement.
Cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas une consultation juridique. Le droit évolue et chaque situation est particulière : pour un avis adapté à votre dossier, contactez le cabinet.